Le Blog Athlètes SNCF / « Au Canada, un défi m’attend pour franchir un palier »

« Au Canada, un défi m’attend pour franchir un palier »

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Quel souvenir gardes-tu de tes premiers Championnats du Monde sous les couleurs canadiennes ?

C’était une expérience particulière. Plus que de courir sous un nouveau drapeau, de voir les couleurs de la combinaison et des rames changer, c’est surtout le fait de courir en individuel qui était nouveau. Ces Championnats du Monde en skiff ont été une expérience sportive, un apprentissage du très haut niveau. Tactiquement, c’est très différent des courses en équipage : ça se regarde, ça se juge, ça joue. Tu es seul dans ton bateau, le résultat t’appartient. Mais en même temps, il y a une telle densité que, d’une manche à l’autre, les cartes sont à chaque fois redistribuées.
Il y a clairement deux rameurs bien au-dessus du lot et derrière un paquet de 8 à 10 rameurs qui se tiennent. J’en faisais partie et j’espérais accrocher la finale. Malheureusement, je termine 4e de ma demi-finale alors qu’il faut être dans le Top 3. Ça se joue à peu de choses, un peu de malchance sur le couloir notamment. J’ai voulu me remobiliser pour remporter la finale B mais je finis là aussi 4e.

Quand as-tu pris la décision de ramer pour le Canada ?

Depuis mon année loin des bassins suite aux JO, c’était dans un coin de ma tête. Mais je pensais revenir en Equipe de France avec plus de fraîcheur pour lancer la saison 2014, j’espérais que le système me reboosterait aussi. Et finalement, j’ai eu un peu l’impression de tourner en rond, et ce projet du huit, dans lequel je n’ai pas eu ma place pour des raisons extra-sportives a été le déclencheur. Dès lors, j’ai choisi le Canada.
Pour le moment, j’ai côtoyé l’équipe et le staff sur les compétitions et j’ai fonctionné en autonomie sur les entraînements. C’est une intégration au fur et à mesure mais je sens déjà des différences entre les encadrements français et canadien. Cela tient notamment à la culture mais je trouve l’encadrement plus riche, le staff plus étoffé, le médical a une place plus importante aussi.

Quelle vie et quelle carrière t’attendent au Canada ?

Au Canada, je vais être un rameur professionnel. Je m’entraînerai tous les jours, toute la journée. Le programme d’entraînement est très chargé et ce sera aussi un défi pour moi de m’y adapter. Je pars à Victoria, sur l’île de Vancouver, seul puisque ma famille réside à Québec. Alors, évidemment, il y a une certaine appréhension, une perte de repère mais c’est un choix. J’ai quitté un système dans lequel j’avais presque une place assurée en Equipe de France, un quotidien rôdé avec un travail, pour rejoindre un nouveau système. Mais je suis persuadé que cette remise en question va me permettre de progresser et de franchir un palier.
Sportivement, il y a deux projets principaux : le 4 de pointe et le 4 de couple. L’encadrement ne différencie pas les deux équipages et l’avantage est que tous les rameurs sont regroupés à Victoria. On peut donc tester plusieurs associations de rameurs plus facilement et ainsi construire les meilleurs bateaux possibles.
Personnellement, j’aspire à gagner une place dans le meilleur bateau possible dès 2015 et de qualifier le bateau aux JO dès les prochains Championnats du Monde à Aiguebelette. Je sais par expérience que c’est beaucoup plus confortable de préparer les Jeux en ayant sa place en poche que de courir après la qualification.

Les Mondiaux Aiguebelette justement, en 2015, se disputeront en France. Ce ne sera forcément pas anecdotique pour toi…

Aiguebelette a été le théâtre de ma première compétition sous les couleurs du Canada, lors de la Coupe du Monde. Et je sais que c’est un regret dans ma carrière : ne pas avoir pu courir pour mon pays à la maison. Mais j’aurai l’impression d’être chez moi quand même et je pense que je serai bien accueilli. Le fait que je connaisse par cœur Aiguebelette peut aider notre bateau sûrement. Aussi bien mentalement, en enlevant l’hostilité qui te gagne lorsque tu es à l’extérieur, mais aussi parce que je sais les pièges, les moments stratégiques et les effets du vent.

Tu quittes également le Groupe SNCF, comment le perçois-tu ?

SNCF m’a permis de me mettre en mobilité pour une année, renouvelable deux fois. Ce qui veut dire que je peux revenir après les JO de Rio, si je le souhaite, et reprendre un poste au sein du Groupe, à Toulouse ou ailleurs.
En partant, je perds une partie de mon quotidien et de mon équilibre. J’ai forcément un pincement au cœur puisque je m’étais bien intégré, j’avais découvert l’univers du ferroviaire, appris un métier et m’étais formé. J’avais vraiment trouvé mon rythme entre le sport de haut niveau, ses exigences, ses contraintes, et mon métier où quand tu prends ton poste, peu importe que tu aies bien ramé le matin, l’important est d’être exigeant et efficace. Ça m’aidait à couper.
J’ai vécu deux belles années à Toulouse Matabiau et je laisse des collègues et des amis mais je sais que l’on gardera contact, qu’ils continueront à me suivre, à me supporter parce que nous avons partagé de beaux moments,  notamment quand je les ai emmenés ramer avec moi.
Je tenais à remercier toutes les équipes de l’UO de Matabiau ainsi que les personnes en charge du dispositif au niveau national et mes compagnons Athlètes SNCF pour ces riches moments passés ensemble et je compte sur eux pour continuer à me suivre !

 

Crédits photos : Katie Steenman Images

 

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